2010 - LIVRE - Jean Stablinski - Collection Mémoire du Cyclisme - Editions Alan Sutton

Pascal Sergent

Jean Stablinski demeure aujourd'hui encore l'un des champions cyclistes français les plus populaires. Orphelin de père à 8 ans, il se destinait naturellement à devenir ouvrier puis mineur dans les puits nordistes. Mais le virus du cyclisme le rattrapa pour ne plus le lâcher. Jusqu'à ses derniers mois, en 2007, il enfourcha inlassablement sa bicyclette.
Stablinski a connu tous les honneurs. Champion du monde sur le difficile circuit de Salo en 1962, il reste aussi le recordman des titres nationaux, avec quatre couronnes acquises entre 1960 et 1964. Mais Jean enleva bien d'autres épreuves comme le Tour d'Espagne, Paris-Bruxelles, l'Amstel Gold Race, le Grand Prix de Francfort, des victoires d'étapes au Tour de France et au Tour d'Italie ou encore le Trofeo Baracchi avec son ami
Jacques Anquetil.

Son parcours reste intimement lié à celui du Normand dont il fut le confident
durant de nombreuses années.
C'est ce brillant passé et ses derniers combats que Cathy Stablinski, sa fille, et Pascal Sergent, auteur de nombreux ouvrages sur l'histoire du cyclisme, ont voulu retracer en apportant un témoignage direct sur l'homme et le champion.

Parution avril 2010 - ISBN/EAN : 9782813801555 - Prix : 22,00€
Nombre de pages : 192 - Format : 165 x 235 mm

La fille de Jean STABLINSKI révèle l'engagement de son père en faveur du don d'organes. - Dimanche 23.05.2010 - PAR FRÉDÉRIC RETSIN

PARUTION

Photo : Un témoignage intime, digne et pudique, né des notes que Cathy prenait au chevet de son père. PHOTO ET REPRO " LA VOIX ".

Plus qu'une promesse, c'est un acte d'amour. Un peu moins de trois ans après le décès de son père, Cathy STABLINSKI publie un livre écrit en collaboration avec l'historien du cyclisme régional Pascal Sergent

L'ouvrage revient évidemment sur la carrière du coureur : quadruple champion de France (le record !), champion du monde en 1962 et lauréat du Tour d'Espagne en 1958.
Il aborde aussi la maladie qui a touché le Nordiste décédé le 22 juillet 2007. Atteint d'une hépatite C, " Stab " doit aussi affronter un cancer du foie qu'il annonce à son entourage en fin d'année 2006.
Le secret est cultivé. La greffe devient inévitable, même pour un sujet de 74 ans qui est alors le plus vieux patient à " tenter le coup " dans les services des professeurs François-René Pruvot et Nicole Declerck, à l'hôpital Huriez de Lille.
" Il tenait à ce livre "
" Il appartenait pourtant aux cas de "bons cancers" ", raconte Cathy dans un témoignage à la fois intime, digne et pudique. Immuno-déficient, ce sont les complications liées aux virus qui finiront par l'emporter.
" Dans son combat, il me demandait de prendre des notes, poursuit-elle. Il tenait à ce livre qu'il pensait réaliser après sa maladie. Il rappelait aussi sa chance d'obtenir une greffe grâce à la pratique d'un sport qu'on a souvent sali. Son corps était plus jeune que son âge. En ce sens, ce message était aussi destiné aux plus jeunes : marchez, courez, faites du vélo ! Préservez votre capital santé !
" Reconnu partout en France comme dans la plupart des pays européens, capable de disputer un match de football avec le roi Pelé, Jean Stablinski savait aussi résister aux ors de l'Élysée et à l'appel de Jacques Chirac qui tenait absolument à lui remettre sa Légion d'honneur. C'est finalement à Grande-Synthe, à l'issue d'une banale assemblée générale, qu'il la reçoit des mains de Jean-Marie Leblanc. Dans son monde.
" Je ne me suis jamais servi de ma notoriété, mais c'est le moment de le faire ", répétait-il à sa fille depuis son lit d'hôpital.
" Il voulait devenir un ambassadeur du don d'organes, relève Cathy, qui participera à une rencontre sur le sujet à Douai.

On commence à l'évoquer librement. Ce n'est pas facile. Mais il faut en parler autour de soi, communiquer, et faire réagir les gens. Ce livre est un début. Mais j'avoue ne pas savoir comment appréhender la suite. " Le dimanche 30 mai, la deuxième randonnée cycliste des Amis de Jean Stablinski sera organisée au site minier de Wallers-Arenberg. Trop tard pour relier la cause à l'événement. Ce sera sans doute pour 2011. Une façon d'entretenir l'ultime voeu d'un personnage, fils d'émigrant polonais, qui condense un peu d'histoire régionale, à la fois banale et extraordinaire au sens littéral.

" Même les plus riches du monde n'auraient jamais pu se payer la vie que j'ai eue ", glissait-il souvent d'un oeil malicieux. o
1. " Jean Stablinski, une vie extraordinaire ", par Cathy Stablinski et Pascal Sergent. 200 pages. Éd. Alan Sutton. 22 euros.